Voyage en France d'Elisabeth et Basile Gbedji
Septembre 2011
Quoi de plus enrichissant qu'une richesse qui enrichit le devenir de l'homme !
Quoi de plus noble que d'assurer l'éducation de l'enfant. Quel genre d'éducation pour rassurer les peuples qu'un jour le bénéficiaire du travail des autres pourra assurer la postérité?
N'est-ce pas dans la réalisation de cette perspective que des femmes et des hommes se sont unis pour apporter leur participation au développement de l'humanité ?
Cette volonté a une histoire qui continue à écrire ses pages nous plongeant dans l'univers des deux étoiles noires que le ciel blanc AEB a fait briller pendant vingt et un jours au pays des gaulois.
Partis de Cotonou le 8 septembre à 23h30, l'appareil volant, imitant un oiseau naturel, nous emporta pour une destination inconnue mais connue de nom. Avec attention nous écoutions les consignes de l'équipage. Inquiets, émus, nous étions. Dans le même temps nous étions moralement forts et prêts à tout découvrir, pourquoi pas, à subir tout, à supporter tout. Quelques minutes ont suffi alors pour faire dissiper toutes nos inquiétudes. Nous ne voyions que les données affichées devant nous qui renseignaient sur la vitesse, l'altitude et la température extérieure de l'air. Pas d'image spectaculaire pour apeurer les deux étoiles noires qui finirent par s'endormir au bout de quelques minutes.
Le passage des hôtesses nous redonna espoir. Des repas chauds, des repas froids et de la boisson au choix. Nous nous en sommes régalés. Notre batterie d'énergie fut à nouveau chargée en attendant d'autres surprises. Dans l'avion, quelle organisation mise en place par ces hommes et ces femmes en uniforme. Ils s'occupaient de tout, des moindres détails. Tout le temps ils se sont investis à rendre le séjour agréable aux occupants que nous sommes.
Vers 6h40 notre avion fit son atterrissage à Paris Charles de Gaulle le 9 septembre.
Que de monde ! Que d'appareils au sol ! Que d'appareils en l'air ! D'autres partaient, d'autres foulaient le sol français. Que d'installations mécaniques et électroniques ! Quelles activités ! Que vaut le travail de l'homme !
L'attente devrait être un peu longue avant notre départ pour Bordeaux., et notre guide, Félix Pacot, nous emmena séjourner quelques heures dans le hall, le très grand hall de l'aéroport. Là, toutes les races, toutes les couleurs, que dis-je, toutes les nationalités se côtoyaient.
Un peu plus tard, un Airbus d'Air France nous embarqua pour Bordeaux. Notre proximité avec les hublots a rendu le baptême de l'air complètement total. Nous étions dans le vide, en l'air, au-dessus d'une épaisse couche de nuages. A peine les végétations et les maisons se faisaient découvrir. N'est-ce pas mieux de voyager en avion de nuit ? Oui, il fait moins tourner la tête. Il donne la chance de mourir dans le sommeil. On dort dans l'inconnu. C'est quand on se réveille qu'on réalise qu'on n'a pas fini son séjour accompagné de la bénédiction des navigateurs aériens.
A Bordeaux, notre guide devrait céder ses attributs à son frère, notre grand frère, Jean-Luc Labat, qu'il n'eut pas le temps d'embrasser. Un geste de la main a suffi pour que les deux se comprennent. Ainsi, Félix nous quitta. La lenteur de chez nous déserta les habitudes. Il fallait se presser, faire vite, non pas pour rechercher un autre terminal mais pour emprunter la toute première voiture en France. L'émotion était toujours là, la force psychologique de tout voir aussi.
Une route nickel, débarrassée de matières plastiques, nous porta vers Pissos. Liposthey, oui, Liposthey, nous venons de le passer disait Jean-Luc. Alors, et le Maire ? Oui, il va bien devait-il ajouter. Nous étions proches de notre première destination.
A la maison Labat, l'accueil a été fraternel. La boisson de bienvenue nous rappela les vertus de l'hospitalité africaine. L'histoire ne vient que de commencer.
Une balade à pied dans le village de Pissos, puis Miriam et Jean-Marie Michon vinrent nous souhaiter la bienvenue. Après le dîner, une première nuit en France, c'était émouvant. Quinze minutes de fraîcheur sur le lit puis progressivement, elle céda place à une température acceptable due à l'effet de la couette.
Le samedi soir, en compagnie de Jean-Luc, nous avons assisté au stade de Bordeaux à la confrontation Bordeaux-Evian, le match n'a pas comblé les attentes. Les deux équipes ne s'étaient pas engagées à fond, 0 but partout.
Dimanche 11 septembre 2011 : journée mémorable savamment organisée. Les petits plats étaient mis dans les grands pour concocter un programme à la taille de l'événement.
Nous n'étions ni le président, ni le maire d'Adjohoun. « Les honneurs, ce n'est pas notre affaire », disons-nous à notre conducteur qui devint subitement le chef du protocole.
N'ouvrez pas ! Attendez ! C'est moi qui ouvre, nous disait-il, une première, puis une deuxième fois d'un air inhabituel. Nous laissons faire. Du monde devant une salle. Il se gara, descendit et nous ouvrit la portière. Nos jambes étaient lourdement retenues pour nos premiers pas. Malgré nos prévisions, hélas, nos têtes cédèrent. Elles n'en pouvaient plus. La chair de poule, des larmes de joie, nous ont rassurés que nous étions toujours en famille AEB. Des accolades à n'en point finir.
Pour nous et bon nombre d'incrédules, un rêve est en train d'être réalisé, et une preuve irréfutable est à portée de main.
La cérémonie de réception et d'accueil officiel vient d'être lancée. Dans la salle, des jeunes, des grandes personnes, toutes générations confondues, voulaient être témoins de l'événement.
Tour à tour, le maire de Liposthey, monsieur Christian Harambat, la présidente d'AEB, madame Miriam Michon devaient prendre la parole pour souhaiter la bienvenue aux deux étrangers et dévoiler l'objectif de ce voyage.
L'émotion était à son comble. Nous étions les témoins vivants de cette histoire qui ne prendra fin qu'avec la fin de l'humanité. La répétition étant mère de l'étude, nous n'avions fait que redire, rappeler à certains, ce qu'ils savaient déjà, informer les nouveaux de ce qui se fait au Bénin.
La messe est alors dite. Les incrédules ont certainement cru. C'est pourquoi tous ensemble, nous avions pris à nouveau l'engagement de poursuivre l'œuvre salvatrice. Des peuples de différentes cultures, tous unis pour éloigner les barrières de l'analphabétisme, de la pauvreté et ceci en aidant plus d'enfants à avoir accès à l'Education. L'Education, le mot le plus cher à l'Association AIDE ECOLES BENIN.
Une journée d'un élève en brousse
Les jours d'école, je me lève à 6 h 45. Je prends mon balai en feuilles de palmier et, comme tous les enfants béninois, je nettoie la cour autour de ma maison. Puis je vais au marigot pour puiser de l'eau pour ma famille. Je porte une trentaine de litres d'eau sur ma tête. Ensuite, je mets mon kaki pour aller à l'école qui commence à 8 heures. Après deux heures de cours, je sors dans la cour pour acheter le petit-déjeuner aux vendeuses. Le plus souvent, je prends du riz et du poisson pour 50 fcfa (huit centimes d'euros). Puis je retourne en classe. A midi, je rentre à la maison pour déjeuner. Le plus souvent mes parents me donnent 75 fcfa ou 100 fcfa pour acheter à manger. Je fais une petite sieste et je repars en cours de 15h à 17 h. Le soir, je fais mes devoirs avant qu'il fasse nuit. Chez nous, très peu de familles ont les moyens d'avoir l'électricité. Nous avons des lampes à pétrole qui nous piquent les yeux. Trois fois par semaine, je dois laver mes vêtements et ceux de mes parents. Je vais aussi chercher du bois dans la forêt pour cuire les aliments. Je trouve malgré tout le temps de jouer avec mes camarades.
Pendant les vacances scolaires, je pars au champ avec mon papa pour sarcler la terre ou récolter le haricot et le maïs. Nous partons dès le lever du jour et nous rentrons vers 16 heures.
Le dimanche, je vais à la messe.